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26113892 10204300993202539 4750898281289370468 nL’immigration est un phénomène historique qui continue de faire couler de l’encre et des salives. Chacun y va de son interprétation sociologique, politique ou historique, économique et même spirituelle. 


Ces derniers mois à la faveur de ce que je nomme « l’affaire Libye », elle a connu une médiatisation sans précédent. Est-ce réellement à cause de la vente aux enchères (« esclavage ») des migrants (que je condamne avec fermeté) ou pour des fins politiques et de détournement de regard ? Faut-il rappeler que la diffusion du documentaire de CNN s’est faite quelque temps juste après le dépôt d’une plainte contre l’ancien Président français Nicolas SARKOZY près de la Cour Pénale Internationale(CPI) dans cette même affaire ? Coïncidence ou manipulation ? Je ne saurai vous le dire. Mais, quelqu'en soit la raison, la question migratoire a connu une énorme médiatisation avec les cortèges de condamnation, d’indignation dans les quatre sinon cinq coins du monde sans que les causes du « chao libyen » ne soit interrogé. Face à cette indignation mondiale quasi unanime, se pose la question de savoir ce que l’on devra faire ? Comment faudrait-il endiguer sinon réduire ce phénomène qui devient par choix ou contrainte la voie royale pour la recherche du salut et la dignité humaine ? En d’autres termes comment donner de l’espoir à ceux ou celles qui ambitionnent cette traversée du désert pour atteindre l’Europe à partir d’embarcation de fortunes? Mais, à qui profite cette situation de chao généralisé de migration? Les passeurs ? Les politiciens (dirigeants africains ou européens) ? Qui en est Responsable ?

Comment l’endiguer ou la réduire ? 


La question migratoire pose la responsabilité de tous les acteurs de la société, car, elle est à la fois un fait social, politique et socio-économique. Donc une réalité qui fait de chaque citoyenne et citoyen une actrice ou un acteur. 


Mais force est de constater que les condamnations et les responsabilités ont vite fait de surgir et d’être situées dans les medias. Pour certains, la responsabilité incombe aux dirigeants africains qui promeuvent la « médiocrité », la « mangecratie », le « tribalisme », le « népotisme », le « caporalisme.»

En un mot, la mal ou la mauvaise « gouvernance » En clair, pour les tenants de cette thèse, les responsables de cette tragédie mondiale seraient les dirigeants africains. Car, le choix politique de ces derniers aurait créé chez la population notamment les jeunes et les femmes, la misère, et un sentiment de désespoir et d’exclusion sociale. Cette thèse se trouve souvent soutenue par des migrants « je préfère mourir en mer, sur le chemin de l’espoir que de mourir dans mon pays dans le désespoir et la misère», ou encore « je préfère fuir mon pays pour ma sécurité, que de me faire exécuter un matin, un soir ou un après-midi ». 


Pour d’autres, les acteurs politiques africains ne sont responsables de rien ;

Pour eux, l’immigration est un choix de vie et d’investissement au même titre que le choix professionnel. En tout état de cause, l’histoire migratoire est plurielle, vaste et variée selon que nous soyons en face de tel ou tel migrant, ou de tel et tel autre pays.


Nous n’avons pas pour objectif d’analyser les différentes thèses développées mais plutôt de proposer des pistes de solutions pour la réduction drastique de ce phénomène. Réduction et non élimination, car, nous sommes dans une société où la mondialisation a créé un processus d’intégration des marchés, de libéralisation des échanges, de développement des moyens des personnes, des biens et des marchandises.


Même s’il est vrai que la publication de la vidéo de la vente aux enchères des migrants par des rebelles et miliciens libyens ait créé une indignation générale ; que faut-il faire après les séquences d’indignations générales ? Trouver et indiquer des responsables et rester dans sa zone de confort ? Être et rester seulement réactionnaire ? Ne faut-il pas prendre le mal par la racine ? 


Le déplacement massif de la population africaine notamment les jeunes et les femmes par les embarcations de fortunes vers l’occident (« l’Eldorado »), s’est accentué ces dernières années avec le Chao libyen avec son cortège de désolations, de morts.

 
Face à cette situation dégradante de l’humanité à court, moyen et long terme, les acteurs de développement (pouvoirs publics, privés, sociétés civiles et autres) doivent créer un cadre de dialogue permanent et de développement au plan national, régional et international.

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Au Plan National :


Au titre du dialogue social il faut : 


- Mettre en place une cellule psychologique et d’encadrement spécifique pour suivre et accompagner ceux qui sont retournés dans leur pays respectif. 


- Créer un cadre de confiance entre les dirigeants et la population par la pédagogie de la communication et des actions de terrain 


- Créer un cadre de concertation et de dialogue permanent pour mieux encadrer et prévenir le risque du grand chômage des femmes et des jeunes, permettre aux acteurs de développement de bâtir et développer des stratégies de long terme pour des projets pérennes créateurs de valeurs et d’emplois. 


- Dépolitiser les débats sociaux par une forte implication de la société civile et des citoyens. 
Au titre du Développement du Capital Humain il faut : 

- Refondre le système scolaire et éducatif, promouvoir les formations professionnelles

spécialisées. 
- Faire du Renforcement du Capital humain une priorité absolue. Refondre le système de formation et d’éducation. Promouvoir les formations professionnelles.


- Adapter les formations aux besoins des entreprises et de la société. 


- Créer des formations d’ouvriers spécialisés et techniques pour soutenir la diversification de l’économie.
Au titre du développement économique, il faut :


- Diversifier, décloisonner l’économie par des politiques d’industrialisations et de développement d’infrastructures. 


- Créer des Groupements ou Centre d’Intérêts Economiques Régionaux pour fixer les jeunes et les femmes avec une facilité de la mobilité nationale, 


- Créer des Zones Economiques Spéciales avec des facilités fiscales 


- Améliorer le climat des affaires, Renforcer la justice commerciale et promouvoir les entrepreneurs locaux et nationaux.

Au Plan Régional et Africain :


Plusieurs initiatives peuvent être menées. Pour cela, il faut :


- Faire de la mobilité des biens et des hommes une réalité, 


- Développer davantage les échanges commerciaux intra et inter régionaux. 


- Exiger le paiement des apports et des cotisations pour le fonctionnement des Institutions et le financement des infrastructures de développement.


- Mettre en place un centre régional de prospective et de financement des projets à dimension régionale et internationale. 


- Briser les monopoles et revisiter les modalités des appels d’offres et de passation de marchés publics.

 

Au Plan International il faut:


- Instaurer une Gouvernance participative et inclusive. 


- Sortir le continent de l’assistanat international et développer des partenariats avec l’Europe.

 
- Créer une structure Africaine de Prospectives et de Financement des projets jeunes
- Faire de la société civile une actrice de développement.

La gestion de l’immigration loin des condamnations est l’affaire de toutes et de tous. Elle doit mobiliser tous les acteurs de développement nationaux, régionaux et internationaux. Pour ce fait, et face à la mondialisation excessive, il faut inciter le développement local, participatif et inclusif avec pour acteurs principaux les jeunes et les femmes. Les pistes de proposition ci-dessus pourraient s’inscrire dans cette dynamique et permettre aux jeunes et aux femmes de s’établir sur place. 


Le mode de financement fera l’objet d’une contribution en janvier.

Bonne et Heureuse Année 2018. Que la nouvelle année soit meilleure que la précédente.

 

Par Lassina Bamba

 

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