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12108865 10206362257389748 6212846617415275819 nQue nous soyons à Paris, on entend parler des quartiers chauds situés à Monfermeil,

Aubervilliers, Saint-Denis. Que nous visitons New-York, en tant que touristes, nous avons peur d'aller à Harlem ou à Brooklyn. Du côté de l'Amérique latine, les Favelas de Rio nous font peur. En Italie où règnent les papes de la mafia, il nous est impossible d'y faire du tourisme dans certains arrondissements de Naples sans inquiétude. En gros, partout ailleurs nul n'est pas à l'abri de l'insécurité, même dans les pays développés.

Mais dans notre Bangui, qui jamais n'a connu de tels phénomènes, nous assistons, depuis quelques années, aux exactions commises des coupeurs de têtes, à des trafiquants de drogues et d'armes, aux chefs mafias voire des fous de Dieu qui officient en toute impunité au su et vu des forces dites d'interposition. Ces dernières sont même devenues complices de ces actes de barbarie par leur inaction.

"Le dénominateur

commun de ces lieux: l'enfer

sur terre:

(où règnent l'insécurité, la

 

criminalité, le sexe, la drogue) à outrance".


En plein cœur de l'Afrique, existe un pays dit la République Centrafricaine dotée de toutes sortes de richesses naturelles. Que cela soit au niveau du sol, du sous-sol, de la faune et de la flore, les richesses de ce pays enclavé seraient-elles la source et l'unique cause de ses malheurs?

Le quartier Km5 est-il devenu le couloir de la mort de la ville de Bangui?
Parlons de cet enfer dit Km5 qui abrite depuis l'avènement au pouvoir de la coalition séléka dirigée par des chefs rebelles à savoir Michel Djotodia, Nourredine Adam, Aboudaly Hissen, Karim Guey, Baba Ladé et bien d'autres, des trafiquants d'armes et de drogues. Ce quartier situé aux confins des 3è et 5è arrondissements fut autrefois le poumon économique de la ville de Bangui la capitale centrafricaine, jusqu'au jour où tout bascule avec l'arrivée au pouvoir de ces seigneurs de guerre précités.

Qu'est-ce qui a changé?
Tout d'abord, il convient de rappeler que la guerre dite fratricide en république centrafricaine n'est qu'une formulation mise en avant par la communauté internationale avec la complicité des puissants médias occidentaux contre lesquels certains journalistes et observateurs centrafricains ont essayé tant bien que mal d'apporter une autre lecture pour l'opinion.

Le Km5, devenu aujourd'hui une favela en Afrique centrale n'a jamais eu ce visage il y a bien des années. Dans les 3è et 5è arrondissements de Bangui, ce fut un monde cosmopolite. Les centrafricains et les étrangers venaient de partout pour y faire des affaires ou se distraire. Ce secteur est en effet majoritairement occupé par des centrafricains de confession musulmane, mais pas uniquement. Ce qui est certain, ce sont avant tout des centrafricains et on y trouve aussi des non musulmans. Les différentes communautés y vivaient en parfaite symbiose jusqu'au jour où les semeurs de troubles utilisent la religion pour arriver à leur fin. Depuis, les différentes communautés se regardent désormais comme des chiens de faïence.

Quartier populaire certes, le Km5 abrite également des maisons ou des villas d'une valeur inestimable disposant parfois de bunker selon certains dires. Difficile d'accès, les autorités de transition puis le nouveau président démocratiquement élues depuis 5 mois et son gouvernement n'ont pas encore réussi à imposer leur autorité sur cette parcelle de la ville. On parle d'un "État" dans un État.

Que s'est-il passé ce lundi 4 octobre?
Avant l'assassinat du commandant MOMBÉKA, on se souviendra que dans la nuit du 12 au 13 août, un des chefs de guerre, en la personne d'Abdoulay Hissen, s'enfuyait du km 5 avec ses hommes à bord de sept 4x4 remplies d'armes lourdes et légères avec des tonnes de minutions. Pourchassés, ils seront arrêtés à une cinquantaine de kilomètres de la capitale par les forces républicaines. D'autres réussiront à s'échapper grâce à la complicité des forces onusiennes selon des témoignages concordants en provenance de la localité de Sibut. On ignore à ce jour le positionnement exact de messieurs Hissen et Guey, les deux principaux leaders de ce convoi de la mort.

En partant, ces terroristes laissent derrière eux le groupe extrémiste dit 50/50 qui terrorise le Km5. Les éléments de ce groupuscule viennent de commettre un autre forfait odieux : l'assassinat en plein jour, d'un officier de l'armée nationale, le commandant Mombéka, ce lundi 4 octobre 2016 en présence de son fils de 14 ans, qui lui aussi, a souillé les bals des assassins de son père. Contrairement à son père, décédé des suites de ses blessures, son pronostic vital n'a pas été engagé.
Le Km5, c'est aussi la terreur qui y règne au quotidien par des représailles indescriptibles sur les populations avoisinantes. Dès lors qu'on touche à un membre d'une communauté, c'est plus de dix morts qui s'en suivent. Automatiquement, ce sont des quartiers entiers qui se vident à chaque fois de ses habitants.

Des accusations crédibles?
A en croire les habitants des localités avoisinantes, certains éléments des forces onusiennes se rendraient complices de ces assassinats crapuleux ou protégeraient indirectement les extrémistes du km5. Or il convient de rappeler que ces forces internationales dites Minusca ont été déployées dans ce pays pour s'interposer aux massacres à l'endroit de la population. A la grande surprise générale, ces mêmes forces se mettent du côté des forces du mal pour commettre des bavures et d'autres actes odieux de même ampleur que les criminels à savoir, les exploitations illégales des richesses de ce pays dont les autorités ne sont pas à même de contrôler l'ensemble du territoire qui s'étend sur 623 000 km². Ces mêmes casques bleus sont accusés par la population mais aussi par les autorités judiciaires d'abus sexuels répétitifs sur des mineurs. La liste des forfaits commis par les soldats bleus est longue. en réponse à ces crimes, les autorités nouvellement élues, ont promis que la justice centrafricaine prendra ses responsabilités afin de rendre justice aux victimes et leurs familles pour ceux qui sont malheureusement assassinés.

Et si le gouvernement procédait autrement; c'est-à-dire au nettoyage de ce bunker maléfique qu'est le Km5?
Du moins c'est que souhaitent plusieurs de nos compatriotes interrogés sur le sujet. Ils pensent ou disent que les autorités de Bangui doivent impérativement nettoyer complètement ce coin de la ville qui abrite la force du mal afin de se débarrasser des terroristes qui y sévissent et ramener la paix et la quiétude d'autrefois.

Ceci dit, par quels moyens le gouvernement pourrait-il parvenir à réaliser ce nettoyage ?
Certains pensent que la police et la gendarmerie nationales pourraient faire ce nettoyage en attendant que les forces armées républicaines dites FACA reprennent leur service. Pour cela, le ministre de la sécurité intérieure, Serge Bokassa aura du pain sur la planche. Lui et son équipe devront se retrousser les manches afin de réaliser ce travail dans un futur proche.

Ce foutu embargo, disent les centrafricains
Rappelons que la Force armée centrafricaine est sous embargo des armes depuis plus de trois ans maintenant. Toutefois, les armes parviennent à rentrer illégalement sur le territoire centrafricain pour alimenter les groupes armés qui contrôlent de part et d'autre l'ensemble du territoire.
L'une des conséquences de cet embargo est l'absence totale de l'autorité de l'État sur tout l'étendu du territoire centrafricain, remplacée par les groupes armés terroristes qui y dictent leurs lois.

Ces bandits de grands chemins, des vrais terroristes qui vont même jusqu'à revendiquer la partition de l'État centrafricain, prennent aujourd'hui la population civile en otage. Des représailles au quotidien envers cette dernière ne sont plus à dénombrer.
Les déclarations que font désormais les commandants de la Minusca à la suite de chaque violence ne sont plus prises en considération.

Paradoxes
Ces extrémistes se trouvant au Km5 et au nord-est du pays et qui disent combattre pour la communauté musulmane, sont même décriés par cette même communauté, qu'elle aussi, se dit prise au piège par des trafiquants qui sont à la solde des manipulateurs et des déstabilisateurs du pays.

Ayant compris les réelles motivations des terroristes islamistes venus d'ailleurs, la Coordination musulmane de Centrafrique (COMUC) s'exprime désormais publiquement par la voix des communiqués officiels et des ondes de radios pour se désolidariser de ces terroristes résidus tchadiens, soudanais, nigériens. Tous, des branches armées boko haram. Certains centrafricains craignent tout de même pour la vie de ces musulmans qui dénoncent les actes odieux commis par ces barbares venus d'ailleurs pour piller le pays.

Que pensent ceux qui les ont faits venir?
Ce qu'il faut retenir dans cette crise centrafricaine qui n'est pas en réalité une guerre intercommunautaire, c'est que la séléka était déjà présente sur le territoire centrafricain depuis 2003 par la prise du pouvoir de F. Bozizé. Le Président Patassé ayant été renversé par son propre chef d'etat-major, son beau-frère de surcroit. Celui qui a été aidé par les zagawa à l'époque dits des libérateurs, Bozizé n'a pas su les contrôler, n'avaient-ils pas reçu intégralement leurs primes? Ils se feront dix ans plus tard un réel plaisir de venir le chasser du pouvoir en se constituant en la coalition nommée séléka dirigée par Djotodia ce 24 mars 2013. Certains leaders de la coalition séléka aujourd'hui à l'extérieur de la République Centrafricaine, notamment en France, regrettent leur implication et adhésion à cette voie de mercenariat. Mais il est aujourd'hui trop tard de faire machine arrière et difficile pour eux de reconnaître leur bêtise humaine devant le peuple qui souffre le martyr, tandis que leurs familles sont à l'abri des chaos, dans des villas somptueuses loin d'un pays en voie de disparition, leurs enfants dans des bonnes universités étrangères. Du coup, ce sont les plus vulnérables qui n'ont rien à voir avec la politique qui paient aujourd'hui les lourdes tribus.

Que doit faire Touadéra pour arrêter cette hémorragie?
A bien suivre le président centrafricain dans ses diverses déclarations officielles, la priorité des priorités aujourd'hui de son gouvernement, c'est la sécurité au moyen du dispositif du DDRR. Pour cela, le Président Centrafricain affirme qu'il opte pour un désarmement concerté et non forcé. Ce qui est totalement décrié par beaucoup de centrafricains. Bon nombre de centrafricains d'ici et d'ailleurs pensent qu'on bat le fer par le fer. Mais vu comment les mains et les pieds du nouveau président centrafricain sont liés du fait de l'absence totale d'une armée républicaine forte, il n'a pas aujourd'hui une autre alternative que de discuter avec les groupes armés, bien que tout le monde, y compris la fameuse communauté internationale, reconnaît que ce sont des terroristes étrangers qui déstabilisent la RCA et s'accaparent, des zones diamantifères, aurifères et bien d'autres richesses de ce pays pauvre d'Afrique centrale.KM5 6

In fine, pour revenir sur la situation du Km5, l'assassinat du commandant Mombéka au Km5 a conduit à une nouvelle désolation totale qui gagne le terrain. Les déplacés de cette localité ne savent plus où aller. Les anciens lieux qu'ils occupaient leur sont dorénavant interdits. C'est le cas du camp situé aux alentours de l'Eglise Notre Dame de Fatima, où le Curé de la paroisse aurait demandé à ses fidèles de faire déguerpir les déplacés.

Des zones contrôlées par deux groupes armés ennemis
Les groupuscules antibalaka se sont à nouveau regroupés et s'organisent pour un affrontement d'envergure.
Du côté de la seleka, on apprend qu'elle se ferait renforcer dans la préfecture de la Ouaka et se prépare à une assemblée générale sous le commandement du chef de guerre Ali Darasse. Le rang de la coalition se ferait renfloué par des nouvelles recrues des peulhs venus du Niger. Des mercenaires recrutés pour destabiliser le processus du DDRR. Personne ne sait comment ces derniers ont fait pour traverser les frontières tchadienne et camerounaises pour rejoindre très facilement la République Centrafricaine.

Du côté du Cameroun, la situation demeure critique avec des exactions que commettent les éléments du rebelle camerounais Aboubakar Sidiki venu de Garoua au nord du Cameroun enfermé depuis avril 2016 par le régime Biya et dont les hommes tuent, pillent, violent et massacre sur le territoire centrafricain (nord-ouest). Un autre problème que les autorités de Bangui devraient prendre en charge tout comme la problématique du wanted Joseph Kony de l'Armée du seigneur au confins RCA-RDC-Soudan du sud.

En un mot, la République Centrafricaine est sans contestation à ce jour, le ventre mou de l'Afrique et se trouve persécutée par tous ses voisins pour ne citer que ceux-là.

Vous m'en direz plus. Mais je conclurai pas sans pour autant dire que: pour une énième fois, les OMP (Opérations de Maintien de la Paix) de l'ONU échouent toujours dans leurs missions et viennent encore une fois d'échouer en République centrafricaine. Le départ de Ban Ki-Moon et l'arrivée de Gueteress ne changeront strictement rien dans la situation en Centrafrique. Si l'ONU avec sa mission en Centrafrique ne donnent pas la main aux FACA d'opérer, ce n'est pas un soldat du Sénégal, de Tanzanie, de bangladesh ou du Gabon qui se fera sacrifier pour un centrafricain. Autrement dit, la guerre en Centrafrique risque malheureusement de durer encore plusieurs années.

Rocka Rollin LANDOUNG, Directeur de la publication  Kadéï Vox

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